Bilan critique à l’occasion de la publication d’Impression inimaginable (Paris, 2014)

À l’occasion de la publication d’Impression inimaginable de Camille Aubaude, poétesse de langue française, il paraît important de décrire aussi exactement que possible cette œuvre pour en dégager les grandes lignes, et de dresser un bilan critique de sa réception dans sa diversité générique : critiques, essais, traductions, proses, photographies, édition, et surtout poésie. Aujourd’hui filmée et transposée sur scène, mise en musique, calligraphiée pour des livres d’artistes, publiée en espagnol et en japonais, peu à peu traduite en anglais et, de façon plus fragmentaire, en de nombreuses langues étrangères (hébreu, arabe, italien, serbe…), l’œuvre de Camille Aubaude reste pourtant à relire ou à découvrir, voire à paraître puisqu’au moment où se clôt cette journée d’étude, un des plus importants textes de Camille Aubaude, son Journal, n’est pas encore paru en volumes.

Depuis une dizaine d’années, des recherches universitaires ont été menées permettant de saisir les enjeux de l’œuvre. Elles constituent un considérable travail d’élaboration et d’interprétation du mythe de « la Belle d’Amboise ». Dans la lignée de ces questions, nous proposons de nous pencher sur cette œuvre plurielle qui ne cesse d’ébranler les certitudes du lecteur et qui abolit les frontières entre les genres. Alors que des textes inédits subsistent, et que les volumes de Lire les femmes de lettres, Le Mythe d’Isis et Voyage en Egypte, parus respectivement en 1993 chez Dunod et en 1997 chez Kimé sont épuisés, la lecture est souvent partielle dans la mesure où les textes, éparpillés sur la toile, sont parfois dénaturés, étiquetés ou mal compris.

Cette journée d’étude initiée par un recueil hors normes, où photographies et poèmes se lisent ensemble, Impression inimaginable, entend recueillir des réflexions à partir d’approches diverses : traductions, éditions, histoire sociale et littéraire. Seule une réflexion pluridisciplinaire est à même de rendre compte de l’hétérogénéité des intérêts de Camille Aubaude. En 2014, il s’agit de sonder la portée subversive de sa poésie et, à une époque où l’on fait (trop souvent) usage à son propos de références galvaudées (« ésotérisme », « écriture-femme »), de donner une idée précise de ses livres à l’aune du présent recueil, Impression inimaginable, publié malgré les censures et les difficultés. Cet alliage à la fois fascinant et puissant entre les mots et les images, mis en miroir, poursuit la recherche d’une forme d’édition totalement originale inaugurée par Poèmes d’Amboise, Poèmes satiriques et L’Ambroisie. Autant que nous puissions en juger, les Poèmes d’Amboise souvent lus dans la Maison des Pages qui les a inspirés, ne sont pas facilement accessibles aux lecteurs.

Ces réflexions ont fait l’objet d’une première journée d’étude qui s’est déroulée en France à la Maison Verlaine et à l’Arsenal de Metz et qui pourra s’ouvrir, dans un second temps, sur un projet d’édition à New York, visant à s’interroger sur la présence de Camille Aubaude en terre américaine.

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